Gare aux fossés,
trucs et astuces pour repérer le passage des fortifications à Paris.

Dans la série des "How to", voici le "How to make an original bike ride in Paris". "Gare au fossés" propose de réaliser le tour des fortifications de Philippe Auguste et Charles V en vélo.

Oui, mais il y a un problème. Il ne reste presque plus rien de ces fortifications, sinon quelques bouts de murs par ci par là, et le tracé de certaines voies. Vouloir observer une muraille ou un bastion à Paris relève donc de l'archéologie !


Enceinte Charles V - Musée du Louvre

Mais alors où est l'intérêt de la promenade ? Nulle idée de former ici des archéologue, mais d'avoir un fil conducteur pour décaler le regard sur la ville quand on s'y promène.

Car, oui, tout est dans le décalage. Décalage dans le temps et dans l'espace pour lire le paysage, y trouver des traces car elles existent.

Elles s'expriment dans la physionomie d'une rue, dans l'aspect d'un bâtiment, dans la topographie ou encore dans le nom d'un lieu. Raisonnances du passé, faibles signaux noyés dans le bruyant magma urbain.

Noyés car ils ne font pas (ou plus) parti de nos représentations actuelles, d'avantage centrées sur d'autres significations et usage des lieux : travail, transports, consommation, communication, sociabilité, etc. Noyés aussi parce que la ville a beaucoup changé, tout simplement.

C'est donc un itinéraire hors des sentiers battus, à plus d'un titre, qui est proposé, visant à décaler principalement le cerveau de qui veut s'y aventurer.


Le Sentier sur les remparts

Il vient du désir de partager un regard singulier sur Paris, provenant de l'usage du vélo qui donne une vision en 3D à très haute définition de la ville, pour employer les termes consacrés du moment.

15 ans environ de circulation douce (sauf dans les pentes, sinon douces) avec un questionnement sur les lieux traversés et leur étrangeté : pourquoi cette forme-ci, pourquoi ça ici et pas ailleurs, depuis quand... puis des lectures, et finalement des morceaux de réponses...

Il y a peu de remparts à voir, soit, mais il y a tout le reste : l'Antiquité, le Moyen Age, l'Ancien Régime, les conflits, la Révolution, les évolutions de la société, de l'économie, les formes d'art et d'architecture qui les ont accompagnées jusqu'au moment présent.

C'est ambitieux, certes. Tout n'y est pas, c'est dommage. Il n'y a que des pistes, des liens, des suggestions pour donner un peu de relief aux choses visibles... Et c'est déjà beaucoup...

Afficher Gare aux fossés sur une carte plus grande

Le parcours forme une boucle. Pas de début, pas de fin. On le prend où l'on veut pour en faire le tour. Il est cartographié sur Internet et commenté sommairement (merci aux hypermédias).

Qui est alors équipé d'un navigateur transportable (et de la 3G) peut le lire sur l'écran en même temps qu'il voit le réel (ou inversement) et construire son voyage dans l'espace, le temps et dans la connaissance - et, pourquoi pas, livrer ce qu'il sait, ce qu'il ressent dans l'instant, ou poser une question.

Des étapes du parcours parlent des murs d'enceinte. Elles sont thématiques. D'autres renvoient sur des sujets transversaux parce qu'ils sont là, présents dans le paysage, et dignes d'intérêt. En un sens, c'est une déambulation dans la ville et les savoirs. L'itinéraire manque encore de points d'observation, mais rien ne dit qu'il ne feront pas un jour leur apparition. A vous de retourner voir et de relire...

Il ne reste finalement qu'à imprimer la marque de cette promenade dans le paysage par un petit logo qui prendrait place à coté d'un Space Invader et interpellerait le passant, le touriste, le voyageur.


Par ici !

Pour l'instant il n'y aura de marque que la sortie prévue le 24 septembre 2011, à laquelle vous êtes cordialement invités, pour repérer quelques traces des bastions situés non loins de la Place de la République, et bien d'autres choses ensuite...

Retrouvez cet article sur Urbamédia et inscrivez-vous à l'urbalade...


 



Les Urbalades sont des promenades thématiques à déguster en ville (presque) en toute saison.

Elles ont été imaginées lors d'échanges et de rencontres avec la rédaction d'Urbamédia qui a été séduite par le projet.

Qu'elle soit ici remerciée pour son soutien.